Audiovisuel public : le flou artistique persiste

Ce mardi 26 mars, dans le cadre du rapport d’information sur la fin de la diffusion télévisuelle de la chaîne France Ô, la délégation sénatoriale aux outre-mer auditionnait le Directeur Exécutif en charge de l’outre-mer à France Télévision, monsieur Walles KOTRA.

L’un des objectifs de cette nouvelle audition était de faire un point d’étape sur la réflexion entamée sur ce que serait le portail numérique (web) accueillant l’offre ultramarine.

Dans la continuité de mes précédentes interventions, j’ai interpellé Walles KOTRA afin de savoir :

  • Si la réflexion en cours avait intégré sur le web la mise en place de programmes de « lien », comme par exemple « les témoins de l’outre-mer » ?
  • Si les stations locales, comme SPM 1ère, verront leurs moyens de co-production renforcés ou si la réforme se ferait à moyens constants, voire amoindris ?
  • Si les productions audiovisuelles, qui ne seraient diffusées que sur le web pourront bénéficier du financement du Centre National du Cinéma qui est un contributeur important à la production audiovisuelle française ?

Le principal point avancé par France TV durant l’audition est que le travail engagé vise avant tout à répondre aux besoins constatés sans préoccupation, pour le moment, de l’aspect budgétaire. On peut évidemment en douter car les réductions budgétaires sont déjà annoncées de la même manière que les réductions d’effectifs connues. Autrement dit, le cadre est avant tout contraint financièrement.

Dans le document remis sur l’état d’avancement de la réflexion, on ne peut pas dire que la présence de programme dits de lien soit garantie, ce qui reste inquiétant. Ce document fixe avant tout quelques orientations générales mais sans plus de précisons.

Si France Ô coûte aujourd’hui 25 millions d’euros, qui fera croire que la plateforme numérique coûtera demain ce même montant. D’ailleurs, l’utilisation au profit  de l’outremer du reliquat économisé ainsi a été assez peu évoquée. Nous avons bien conscience qu’il s’agit avant tout d’économies globales à réaliser par France TV.

Le maintien de l’intervention du CNC n’a pas été confirmé, ce qui signifie que France TV travaille sur une grille des programmes pour le 1erjanvier 2020 qui ne sera diffusée que sur le numérique, sans savoir si des productions audiovisuelles ultramarines pourront être réalisées dans de bonnes conditions financières. Qui financera la différence si le CNC ne participe pas sur la diffusion de documentaires sur le web ?

Quant aux moyens réservés aux stations locales, aucune information concrète n’a été délivrée. Oui, le groupe confirme seulement qu’il maintiendra ses 10 millions d’euros annuels pour les productions ultramarines mais ce n’est là que ce que nous savions déjà.

Autrement dit, le basculement de France Ô uniquement sur le numérique au 1erjanvier 2020, ne fera pas profiter l’outre-mer des crédits économisés par cette décision du gouvernement de Monsieur MACRON.

Cette audition, si elle eu le mérite de tenir informée la représentation nationale de l’avancement des travaux du groupe France TV, elle aura laissée nombreuses les incertitudes quant à la présence/visibilité des outre-mer dans l’audiovisuel public.

On aurait aimé un peu plus de netteté.

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