La coopération régionale a-t-elle encore un avenir ?

Ce lundi 07 octobre 2019, je recevais à ma permanence Mme Kareen RISPAL, ambassadeur  de France au Canada.

Au-delà de cette visite de courtoisie, nous avons pu échanger sur un certain nombre de sujet sur lesquels j’ai tenu à rappeler la position qui a toujours été la mienne :

1. CETA :
J’ai rappelé à l’ambassadeur que la France avait failli dans le soutien qu’elle a apporté, sans condition, au Canada dans le cadre du CETA car la France aurait du demander à Justin TRUDEAU de poser sur la table le dossier d’extension du plateau continental afin d’aboutir à une solution concertée.
Quand ce dossier viendra au Sénat, et parce que c’est une question de souveraineté sur laquelle je ne transige pas, je voterai contre le CETA.
Comme je l’ai rappelé en juillet dernier au sénat lors d’une séance de questions au gouvernement, la France est en état de soumission sur ce dossier face au Canada.
En tant qu’élu, je ne saurai cautionner cela comme le font la Ministre de l’Outre-Mer qui ne parle plus de ce dossier et le Député de l’Archipel qui, en bon soldat LREM, a voté pour le CETA.

2. Développement de la recherche scientifique dans l’Archipel : 
Si je pense que l’Archipel a un véritable potentiel (cf. notre programme de Mars 2017 sur le sujet) je crois surtout que les projets de recherche qui seront développés doivent avoir une traduction dans le domaine de l’industrie par exemple.
Je n’ai rien contre la recherche fondamentale en tant que telle mais les ressources financières publiques se raréfiant et nos moyens étant ce qu’ils sont, il faut être pragmatique et penser aux retours profitables pour l’Archipel.
Personnellement je ne saurai me contenter de nuitées d’étudiants pour asseoir une économie locale sur la recherche.
Le moment venu il faudra faire un bilan des opérations en cours afin de mesurer l’efficience des choix opérés.
C’est bien dans ce sens que j’avais proposé en son temps à Fabrice TELETCHEA d’aider la collectivité à voir clair sur les projets de recherche scientifique qui peuvent avoir un réel intérêt pour l’archipel.
Depuis, on voit concrètement ce que l’action de cet enseignant enclenche comme dynamique localement, c’est vers cela que nous devons aller et concentrer nos efforts.

3. Coopération Régionale : 
J’ai toujours été très très réservé sur le potentiel d’une coopération régionale telle qu’elle figure dans le procès-verbal d’application vieux de 25 ans !

Certes il faut traiter les aspects régaliens de la relation franco-canadienne concernant l’archipel mais cela peut trouver sa place dans le dispositif de coopération qui existe déjà entre les deux pays sans régionaliser ces sujets : police, secours …

Si l’on prend l’exemple de l’AVE, ce n’est pas en commission mixte que l’on doit évoquer cela, c’est dans la commission qui existe au plus haut niveau fédéral et national français que ce sujet doit trouver une réponse.

Parce que j’ai toujours considéré que notre avenir passait par des relations régionales renforcées, je pense que le cadre de 1994 doit évoluer, il est indéniablement trop figé sans perspective d’une coopération décentralisée aux acteurs locaux. Depuis 1994, l’Etat est aux commandes et les choses évoluent peu.

Sur les aspects économiques et au regard de ce que l’observe dans d’autres régions Françaises, je pense que la responsabilité du pilotage de la coopération économique relève de la collectivité territoriale, qui est d’ailleurs assimilée à une région dans le code général des collectivités territoriales.

La décentralisation n’est pas acquise pour tous et en matière de coopération internationale encore moins, la France n’étant pas très favorable à laisser cette compétence à d’autres que l’Etat. C’est une conception que je ne partage pas et qu’on en peut plus partager me semble-t-il.

Dans les années 2009-2010, en tant que Président de la Collectivité, j’avais initié des rencontres dans le cadre de l’alliance SEUS CP, qui réunit les gouverneurs américains de la côte est et les premiers ministres des provinces de l’est canadien, afin de permettre à nos entreprises d’aller à la rencontre d’autres acteurs économiques. Il existe sur le plan politique une instance de rencontre des premiers ministres des provinces maritimes et du Québec à laquelle nous pourrions adhérer à l’avenir pour enclencher un niveau de relation à un échelon régional et non fédéral/national.

Je crois que sur ces aspects là, le rôle de l’Etat doit être d’accompagner financièrement le déplacement de nos entreprises (comme le fait l’ambassade de France au travers de sa mission économique), si elles en expriment le besoin car ce dernier point reste également le noeud gordien du sujet.

Qui dans nos entreprises sont en capacité aujourd’hui de se projeter en territoire régional ? et pour quelles perspectives ? Sans doute avons-nous un travail à faire sur ce point pour rendre efficientes nos actions dans le domaine.

Cet entretien fut riche et je remercie l’ambassadeur de cet échange qui aura permis de poser les constats et d’entrevoir des pistes de solutions sur l’organisation opérationnelle de la coopération régionale.

Pour autant dans le contexte actuel de la coopération régionale, je reste dubitatif car nous savons avancer sur certains aspects en dehors de cette commission mixte.

 

 

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