Du groupe de citoyens à la notion de collectif : un enjeu sociétal

De toute situation il faut tirer des enseignements et celle que l’archipel a vécue sur le STAU, amène quelques réflexions citoyennes.

Il ne suffit pas de rassembler des personnes sous un même vocable pour qu’elles œuvrent ensemble à un même but. Pour autant, la mobilisation qui a eu lieu sur le STAU a commencé par un regroupement de citoyens avec des préoccupations individuelles qui se sont transformées petit à petit en revendications plus générales et partagées.

Le propre de la notion même de collectif est de dépasser les revendications individuelles pour aller sur des revendications d’intérêt général qui peuvent ne pas concerner tous ceux qui se mobilisent. Elles peuvent même se confronter à des revendications personnelles, car l’intérêt général ne sera jamais la somme des intérêts particuliers.

C’est alors là que la justesse de l’information qui circule a toute son importance car peuvent naître des contrevérités ou des revendications qui ont parfois déjà leur réponse dans la littérature existante (la fixation du prix de vente lors de l’exercice du droit de préemption est déjà réglée par les textes, par exemple).

Dans notre archipel, si l’on veut que la démocratie participative prenne toute sa place, et je suis personnellement convaincu de sa nécessité, il faudra dépasser les revendications individuelles pour aller vers un collectif de citoyens capables de se positionner sur des sujets d’intérêt général sans forcément être concernés personnellement. Sinon, seuls ceux concernés se mobiliseront donnant le sentiment que l’individualisme règne en maître. Il y aurait là, un déficit démocratique.

Je ne crois pas qu’il y ait de déficit démocratique sur cet archipel.

Nous sommes dans un état de droit avec des représentants élus par le peuple (eux-mêmes citoyens la veille) et nos institutions fonctionnent : sur le STAU elles ont même coopéré (collectivité, mairies, organisations professionnelles, CACIMA …) sans heurt.

Peut-on dire qu’il y a déficit quand on sait que les séances des assemblées délibérantes sont ouvertes au public ou quand la collectivité (la seule) diffuse sur radio atlantique ses séances officielles ?

Il y aurait déficit de mon point de vue si aucune réunion ou projet associant le public n’avait été mise en place, le STAU en a été un exemple criant. Les citoyens ont répondu peu présents aux ateliers de travail et aux réunions publiques organisées à plusieurs reprises mais certains se sont mobilisés à l’époque. Cela n’a pas pris avant, cela prend une autre forme aujourd’hui, il faut l’acter.

Le déficit de la France et auquel l’archipel est aussi confronté est à mon sens un déficit dans la bonne compréhension de ce qu’implique la citoyenneté : nous avons des droits mais aussi des devoirs.

Il appartient à chacun de cultiver, d’assumer sa condition de citoyen et de faire de la politique au sens grec du terme, en s’impliquant dans la vie de la cité dans le cadre de débat public participatif, de manière structurée.

Les élus doivent prendre conscience des aspirations des citoyens à plus de place dans le débat public. Ce chemin est loin d’être acquis pour tous et il sera sans aucun doute un enjeu évident de l’échéance municipale de mars prochain y compris dans l’archipel.

La forme par laquelle les citoyens sont associés aux travaux de l’Etat ou des collectivités doit amener à réfléchir sur les modes de pilotage des projets à l’échelle du territoire. Nous devons indéniablement interroger ces méthodes.

J’espère sincèrement que les citoyens qui se sont mobilisés ces derniers jours, sauront considérer que tout débat public sur le territoire les concerne tous à l’avenir parce que chaque décision publique a des conséquences dans leur vie quotidienne, à court, moyen ou long terme.

A côté de la démocratie représentative, il doit exister une démocratie participative, les deux comprenant parfaitement leur rôle respectif, dans la recherche permanente d’un juste équilibre.

J’avais organisé dans l’archipel le 05 décembre 2019, une rencontre citoyenne intitulée « Politique participative dans l’archipel : comment fait-on concrètement ? » … visiblement les choses se décantent.

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