Retour des étudiants : beaucoup de questions et une protection sanitaire à préserver

Le retour des lycéens et étudiants aux études hors de l’archipel fait consensus localement et nous avions commencé à évoquer ce sujet avec le préfet quand le gouvernement a pris la décision d’organiser lui-même leur retour.

Pour Annick Girardin les choses sont clairement annoncées lors d’une de ses interventions :

  • La préfecture et la collectivité gèrent en concertation le volet des jeunes en mobilité au canada,
  • le ministère des outremer se focalise sur ceux en mobilité dans l’hexagone.

Un certain nombre de questions se posent sur ce dossier et j’ai souhaité saisir la Ministre des outre-mers pour obtenir des réponses officielles claires et rapides.

Quid du retour des étudiants qui sont dans des pays autres que le Canada ? 

Ce sujet n’est évoqué par personne, qu’en est-il ?

 

Des précisions nécessaires sur la prise en charge financière des retours ! 

Le 02 mai dernier, la ministre adressait un courrier aux ultramarins indiquant notamment que les modalités pratiques des quatorzaines leurs seraient précisées ultérieurement en particulier les lieux d’affectation en fonction des dates de retour disponibles. Est-ce à considérer que le Ministère de l’Outre-Mer envisage de gérer le retour de nos jeunes que ce soit via un vol direct ou des vols réguliers ?

Le flou règne sur qui paye les billets d’avions …

Dans son courrier du 02 mai aux étudiants, Annick GIRARDIN indique que ceux bénéficiant du « passeport pour la mobilité études » seront pris en charge selon les modalités propres à ce dispositif et que pour tous les autres cas le voyage serait à la charge des étudiants. Cela interpelle …

Le Président du Conseil Territorial, visiblement non informé des intentions de l’Etat,  a adressé un courrier le 05 mai dans lequel il rappelle le dispositif de marché public existant entre la collectivité et l’Etat pour le voyage des étudiants et lycéens entre l’Archipel et leur lieu d’étude. Je ne peux qu’abonder dans son sens quand il demande à ce que les billets d’avion déjà payés ne soient pas perdus en raison de la mise en place du dispositif de retour de nos jeunes.

Avec ce qui existe de dispositifs, personne ne devrait avoir à payer un euro si le retour se passe dans un contexte maîtrisé !

Il est donc plus que souhaitable de rassurer les familles qui s’inquiètent et d’actionner, comme le suggère la collectivité, l’agence HORIZONS SPM (titulaire du marché public) qui a payé ces billets à la société AIR France. Je ne doute pas que l’Etat, qui vient d’accorder son soutien massif à cette entreprise de transport aérien à hauteur de 7 milliards d’euros, dispose d’arguments de poids pour faire valoir cette solution.

 

Comment la ministre peut-elle justifier le non respect du  protocole sanitaire du territoire  ! 

Le Préfet de l’archipel a précisé le dispositif sanitaire pour le premier vol direct programmé fin mai.

La ministre connaît les mesures strictes mises en place sur le territoire de Saint-Pierre et Miquelon par l’Etat et qui nous ont permis d’identifier un seul cas positif de covid-19 toujours en confinement.  C’est d’ailleurs cette expérience qui a amené le préfet de l’Archipel à renforcer les mesures avec la mise en place d’un second test PCR à quelques jours d’intervalle.

Cette décision, renforce l’efficacité des tests au final et la porte à 90% contre seulement 70% pour un seul test.

Le Préfet a officiellement annoncé et mis en place la semaine dernière cette nouvelle procédure y compris aux personnes déjà en quatorzaine et arrivées le 19 avril. Un premier test PCR est désormais réalisé à J+12 puis un second à J+17. La crédibilité de l’action et de la parole publique nécessite constance et rigueur.

Quelle ne fut pas la surprise de toute une population d’entendre le Préfet de l’Archipel annoncer en télévision qu’à l’occasion du retour du premier vol direct d’étudiants, la procédure sanitaire stricte mise en place ne serait pas respectée.

L’Etat a décidé de ne faire effectuer que le 1er test PCR dans l’hexagone, de laisser les voyageurs arriver sur Saint-Pierre et Miquelon, libres de tout mouvement dans l’attente des résultats du second prélèvement qui serait fait sur l’Archipel.

La ministre si prompt à parler de transparence de l’action publique, comment expliquera-t-elle cette entorse à notre procédure sanitaire ?

Quelle est la motivation réelle qui explique une telle prise de risque, que le préfet cherche à limiter depuis le début de la crise ?

Comment par ailleurs l’Etat expliquera t-il  que des voyageurs sont en confinement strict quasiment 21 jours et attendent le résultat du second prélèvement quand  les étudiants arrivés par le vol direct dédié seront libres de tout mouvement en attendant le second résultat ?

J’ai demandé solennellement à la Ministre de respecter le protocole sanitaire de l’Etat d’entrée sur le territoire de Saint-Pierre et Miquelon annoncé par son représentant la semaine dernière, c’est-à-dire l’exécution de deux tests PCR avant toute circulation libre de personnes entrant sur l’Archipel.

Si Saint-Pierre et Miquelon n’est pas en mesure d’accueillir en confinement strict nos jeunes pour ceux arrivant par vol direct, ils devront rester en région parisienne dans l’attente des résultats du second test avant leur retour sur le territoire. C’est cela protéger le territoire.

Est-il nécessaire de rappeler vos propos sur le strict respect des quatorzaines ? Vous avez-vous-mêmes appelé au renforcement des mesures de surveillance…pourquoi les fouler au pied soudainement ?

Comment fait-on pour ceux qui ne peuvent

 rentrer par vol direct ? 

Le retour par vol direct ne concernera pas tous nos jeunes de l’archipel dans l’hexagone. Il est d’ailleurs à peu près certain que tous les jeunes ne pourront pas revenir par un vol direct : examens de fin d’année plus tard ….

Dans ces conditions, il est indispensable que l’Etat annonce qu’ils pourront revenir par la voie classique des vols réguliers et que les dispositions seront prises en ce sens pour faciliter leur retour.

Aucun d’entre eux ne doit avoir le sentiment qu’ils doivent, en dehors du retour par vol direct, se débrouiller !

Le préfet nous a fait part de sa volonté d’augmenter notre capacité d’accueil dans les prochaines semaines pour au moins deux raisons : l’arrivée d’un vol composé de jeunes arrivant du canada et l’arrivée sur les 3 prochains vols réguliers programmés des gens qui sont actuellement hors de l’archipel pour différents motifs. Cela permettrait en quelques semaines de « purger » les passagers qui attendent de rentrer.

Il est donc évident que le dispositif d’arrivée va nécessiter une surveillance accrue par l’Etat et c’est tant mieux, la Ministre l’a d’ailleurs appelé de ses vœux, mais cela veut aussi dire que nous pouvons espérer voire rentrer des lycéens et étudiants qui n’auraient pu rentrer par le vol direct.

Avec une capacité limitée à 25-30 passagers, il faudrait plus de 5 mois pour tous les faire revenir. Mais avec le vol direct programmé et les évaluations dont vos services disposent désormais (et en tenant compte de possibles des changements à intervenir dans la décision de certains jeunes) il est possible de mieux programmer le retour de nos étudiants en dehors de vol direct Paris/Saint-Pierre et Miquelon.

C’est pourquoi j’ai demandé à la Ministre  quelles seront les dispositions que l’Etat envisage de prendre rapidement dans cette perspective pour donner de la visibilité?

Un manque évident de coordination  globale à améliorer rapidement 

On ne peut que se féliciter que le gouvernement prenne à cœur le sort de nos lycéens et étudiants ultramarins après que le Président de la République a exprimé cette volonté forte d’apporter une réponse à une situation difficile.

Pour autant, une telle entreprise complexe nécessite une coordination efficace au sein de l’Etat ainsi qu’entre l’Etat et ses partenaires. Qu’en est-il ? 

Le sentiment qui se dégage actuellement sur le territoire, et dans un certain nombre de familles, est à l’inverse de cette exigence que j’ai évoqué, excepté pour le retour des jeunes du canada.

Ce dernier volet géré en parfaite concertation entre la Préfecture et le Conseil Territorial, ne pose semble-t-il aucune difficulté. Malgré tout, certains jeunes sont actuellement dans la région de Moncton au Nouveau Brunswick et la question peut se poser de les faire revenir via Halifax (proximité) plutôt que de les faire monter sur Montréal. Je livre ce sujet à votre réflexion et celle de vos services.

Si l’on se penche sur le retour des jeunes séjournant dans l’hexagone, comment imaginer un seul instant qu’il n’y ait pas eu de croisement des remontées de données entre vos services et ceux du conseil territorial.

Je suis très surpris des déclarations du préfet selon lesquelles 30 à 50% des jeunes ne souhaitent pas revenir sur l’archipel cet été. Nous savions que sur 166 jeunes, environ 30 ne souhaitaient pas revenir. Il s’agit ici d’un terrain assez révélateur d’une nécessaire concertation pour affiner ces estimations qui seront indispensables en termes de prise de décision.

Je pense nécessaire par ailleurs que le dispositif global soit plus concerté en interne à l’Etat entre vos services et ceux de la préfecture. En effet, certaines personnes ne trouvant pas le point de contact sur le site web dédié reviennent vers la préfecture qui n’est pas en charge de ce dossier. Cela créer de l’incompréhension car « la Préfecture c’est l’Etat ». Nos concitoyens ne comprennent pas qu’elle ne puisse leur répondre.

Enfin, et de manière plus générale, sur ce dossier il conviendrait que la population, et en particulier les familles concernées, dispose d’une communication globale claire et pas distillée au compte-goutte et de manière diffuse.

Des questions importantes restent sans réponse à seulement quelques jours du début du confinement en région parisienne, cela génère une inquiétude plus que légitime : comment les passagers se rendront-ils sur Paris ? Devront-ils faire l’avance de ces frais ? Quand connaîtront-ils les modalités de leur quatorzaine ? …  

Je reste à la disposition du gouvernement et des acteurs pour contribuer à la réflexion afin d’assurer le retour de nos jeunes dans les conditions sanitaires et matérielles les plus satisfaisantes.

Cliquez ici pour avoir accès au courrier officiel adressé à la Ministre Annick GIRARDIN

2 commentaires sur “Retour des étudiants : beaucoup de questions et une protection sanitaire à préserver

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  1. Moi qui me félicitais de l’unanimité de tous les acteurs locaux qui c’était mise en place pour le déconfinement, voilà que notre ministre locale vient tout faire exploser ! Est-ce que le sénateur Artano est seul dans cette démarche ? Qu’en pense les autres acteurs de l’archipel, Député, Maires, futur maire, Cacima,?

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